La cité dans le conflit
Georges
Navet
Editions L'Harmattan, collection Forum--IFRAS de Nancy,
novembre 1997
12,96 euros
|
 |
Les
"événements" de Novembre et Décembre
1995 en France ont déjà fait couler beaucoup
d'encre. Pourtant l'interrogation demeure : quel sens leur
donner ? Que s'est-il passé au juste : un combat
d'arrière-garde, une reviviscence des conflits classiques,
une explosion irrationnelle, ou quelque chose de plus nouveau
et de plus complexe ? Ceux qui cherchent ou feignent de
chercher "la" revendication d'ordre économique
ou social qui unifierait le mouvement s'engagent, sciemment
ou non, dans une impasse. Dans la pluralité des revendications
et dans la diversité des acteurs, il ne faudrait
voir que le caractère brouillon de ce qui ne serait
donc que soubresauts désordonnés et irréalistes,
sinon réactionnaires, face à la supposée
inéluctable logique d'un processus dont les conflits
et les événements contrarieraient le cours
sans pouvoir le changer. Ce qu'il y eut de tranchant dans
les événements n'est pas de l'ordre de la
revendication négociable, à moins qu'on ne
prétende, justement, négocier la dignité.
Ou bien il y a troupeau, avec ses bergers et ses chiens,
ou bien il y a cité. La cité dans le conflit,
c'est bien sûr la cité en tant qu'agitée
et traversée par le conflit : mais c'est peut-être
davantage la cité en tant qu'animée ou réanimée,
remise en question, par le conflit. |