Education
populaire, territoires ruraux et développement
Marie-Christine
Bastien,
Sylvain Bernardi et Roger Bertaux
sous la direction
de Maurice Blanc
Editions L'Harmattan, collection Forum-IRTS de Lorraine,
avril 2004
17,50
euros |
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Dans
nombre de secteurs d’activité, les processus
multiples de décentralisation qui se succèdent
depuis vingt ans contribuent à transformer les pouvoirs
des institutions et des acteurs, et ainsi à changer
profondément les rapports qu’ils entretiennent
entre eux. C’est le cas dans le domaine de l’action
sociale, mais aussi dans celui de l’éducation
populaire pour ce qui concerne ses relations avec les structures
intercommunales. Cette question est abordée dans
cet ouvrage à partir de l’étude de six
pays lorrains situés en milieu rural.
Le regroupement
des communes permet à l’évidence une
meilleure mobilisation des moyens financiers, matériels
et humains disponibles et la synergie ainsi obtenue agit
comme un coefficient multiplicateur sur le développement
rural. Pour autant cette nouvelle position de force des
structures intercommunales les place dans un rapport de
maître d’ouvrage à maître d’œuvre
dans les relations avec l’éducation populaire,
et plus généralement avec la vie associative,
obligeant les fédérations et associations
à des révisions douloureuses, tant en termes
d’identité qu’en termes de stratégie
et de développement d’activités.
Cette tendance
partout observée doit cependant être nuancée
par la prise en compte de chaque situation locale. L’histoire
passée, la manière dont s’est construite
l’intercommunalité, mais aussi dont se sont
développées les structures locales d’éducation
populaire, influent sensiblement sur les rapports présents.
On peut ainsi distinguer différents types de relations
: relations de coopération consensuelle ou conflictuelle,
relations de subordination intériorisée ou
dénoncée, développement parallèle
et indépendant de chaque type de structures.
Quoi qu’il
en soit de ces nuances, les fédérations d’éducation
populaire se voient partout contraintes de revisiter leurs
positionnements, dans des interrogations complexes qui mettent
en jeu d’une part les idéaux liés à
une origine aujourd’hui assez lointaine mais toujours
bien présente dans les esprits, et d’autre
part un principe de réalité qui oblige à
des évolutions et à des transactions.
Marie-Christine
Bastien est militante associative et syndicale, conseillère
d’éducation populaire et de jeunesse, responsable
de formation d’animateurs socio-culturels en Lorraine.
Sylvain Bernardi est
sociologue à l’IRTS de Lorraine.
Roger Bertaux est docteur
en sociologie, responsable du département de recherche |