Sociologie politique du sport
Jean-Marie
Brohm
préface de Roger Bambuck
Presses Universitaires de Nancy,
1991(ré-édition)
16,77 euros
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Cet
ouvrage analyse
le sport comme un "fait social total" (Marcel
Mauss) dont la modernité s'est constituée
avec l'avènement du mode de production capitaliste
à l'échelle mondiale. Le sport contemporain,
en tant que rupture historique avec les pratiques corporelles
traditionnelles, reproduit les catégories fondatrices
de la révolution scientifique et technique industrielles.
Le sport est aujourd'hui structuré comme un appareil
idéologique d'Etat qui fonctionne à la domination
politique, à l'oppression culturelle et à
la mystification pédagogique. spectacle moderne des
jeux du cirque, sa fonction d'"opium du peuple",
de diversion sociale, d'aliénation idéologique
s' est stabilisé dans une vaste mythologie réactionnaire.
Véritable stratégie de manipulation de masses,
chloroformisation des esprits, culte exacerbé du
chauvinisme et de la xénophobie, incitation suicidaire
aux exploits extrêmes, idéologie du risque
pour le risque et de la violence pour la violence, le sport
est l'institution légitimée et légitimante
de la guerre de tous contre tous. Cette sociologie politique
du sport entend rompre ce consensus et mener en conséquence
la guerre à la guerre sportive.
Jean-Marie
BROHM, Docteur d' Etat ès-lettres et sciences humaines
est professeur à l'Université de Caen. Auteur
de nombreux ouvrages sur la sociologie et l'histoire du
sport et des pratiques corporelles, il est le directeur
de publication de la revue Quel corps ? et membre
fondateur des Nouvelles études anthropologiques. |